Pour mieux m’orienter à la sortie de l’ENVSN, j’ai questionné différentes personnes qui font différents métiers avec différentes qualifications dans le milieu de la voile.
Tout dabord, j’ai interrogé deux personnes travaillant avec un BEES 1er degré, 1 entraîneur, une monitrice étant une ancienne sportive de Haut niveau et BEES 2e degrés, et enfin un moniteur BEES 1 degrés qui s’est réorienté vers le convoyage de bateau aprés son obtention du capitaine 200. J’ai choisi ces personnes parce qu’ils ont tous des parcours différents. J’en connais certain depuis quelques années (Sandrine et Jacky). Les deux m’ont beaucoup apporté en technique. Pour les autres, je les ai choisis parce que leur parcours était intéréssant.
1. Cédric SPLIFFER, brevet d’Etat 1erdegré basé en Corse
Questions :
« Dans mon enfance, je pratiquais la voile avec ma famille en Normandie, vers l’âge de 17 ans je n’avais qu’une seule envie : faire de la voile toute ma vie, mais dans un endroit où il fait beau et chaud. J’ai donc passé mon monitorat de voile en Normandie puis mon BEES 1 à Martigues ».
« J’ai été engagé il y a seulement 2 mois, je suis donc à la base SMIC majoré de 17% ».
« SMIC majoré de 17 % (rires) ».
« J’adore être sur l’eau et enseigner aux enfants. Je dois avouer que ce que j’aime surtout c’est le contact avec les enfants, je n’aime pas trop enseigner avec les adultes, ils sont souvent prétencieux et on ne peut rien leurs apprendre dans ces conditions. Mais je pense que cela modifie énormément mon comportement avec les gens. Je suis de plus en plus extravertis ».
« Concrètement j’adore la voile, le fait de travailler au bord de l’eau me donne l’impression d’être tout le temps en vacances. Le temps est magnifique ici, généralement les scolaires sont agréables d’où qu’ils viennent. La seule raison qui pourrait me faire changer de métier serait que l’on me propose de faire de l’enseignement dans un autre sport et que cela soit mieux payé bien évidement. Seulement j’ai dit que l’on me propose, en gros je ne fait rien pour que ça m’arrive » (rires).
2. Gwen LE GUILLEC, brevet d’état premier degré basé à Carry le Rouet
« J’ai commencé la voile il n’y a que deux ans, je pratiquais ici même. A cette époque là, je travaillais comme secrétaire dans une entreprise de gestion à Marseille. Tous les jours je voyais de mon bureau des bateaux passer et je me suis dit que pour qu’il y en ait autant tous les jours, c’est que cela devait être bien. Je me suis donc mise à la voile et j’ai adoré. J’ai tout dabord passé mon monitorat de voile, puis mon brevet d’état à la Rochelle. Depuis je travaille ici ».
« Actuellement mon salaire et de 1500 € brut soit le 17% de plus que le SMIC. Mais je ne m’en plains pas. J’excerce dans un métier qui me plait et je dispose d’un CDI à 35 h par semaine. Chaque semaine j’ai donc la possibilité de faire des heures supplémentaires, mieux payées à partir de la 38eme heure ».
« Je suis dans une structure très ouverte sur les gens, je dois avouer que c’est le plus important pour moi. Dans mon bureau je n’avais que très peu de contact à l’extérieur. Ici je rencontre plein de personnes différentes, cela m’ouvre l’esprit et me permet d’enseigner, de discuter et d’ échanger différents points de vue que ce soit en voile ou dans d’autres domaines ».
« Depuis que je suis monitrice de voile je dois avouer que je n’y ai jamais pensé. En effet, par rapport à mon ancien travail je gagne pareil si ce n’est plus. Ce métier m’apporte de nombreux rapports humains ce qui est indispensable pour moi. Je pense qu’enseigner dans un domaine sportif est le plus important à mes yeux ».
3. Thierry LACOIFFE, entraineur haut niveau à marseille
« En fait l’entraînement pour moi était une évidence, en effet j’étais régatié de profession. Mon but était de gagner mais également de transmettre ma passion. Je me suis donc réorienté vers l’entraînement de haut niveau. Ce qui me plait c’est l’esprit gagnant. Du moment que mon équipe sera motivée je serai motivé. L’esprit de compétition est très important pour moi, mais cela quel que soit le sport, moi c’est la voile ».
« Je ne répondrai pas précisément à cette question, parce que d’une part je n’aime pas parler de cela et d’autre part, j’ai un fixe puis des primes à chaque déplacement effectué avec l’équipe. Pour tout dire je suis relativement bien payé ».
« Concrètement ce qui m’interresse est de voir une équipe composée de personnes issues de différents milieux afin de progresser ensemble pour atteindre le meilleur niveau ».
»La seule chose que je ne pourrai jamais refuser serait une demande de la part d’une équipe professionnelle type Coupe de l’América, à naviguer pour eux ».
4. Sandrine LACROIX (NUVOLONE)
« Pendant ma carrière de sportive de haut niveau, j’ai suivi une formation BEES 1e et 2e degrés. Quand j’ai du arréter le circuit j’ai utilisé ces diplômes. Lorsque je suis venue à Carry le Rouet j’avais dans la tête l’entraînement, chose que j’ai faite dès mon arrivée ici. J’ai tout dabord entraîné l’équipe de planche à voile les week end et la semaine je faisais de l’entretien ou du scolaire. Puis l’équipe a coulé parce que les jeunes faisaient leurs études. Depuis je fais du scolaire et un peu de loisir les week end. Mais j’ai également trouvé une place dans les club de voile de Corbière ou j’enseigne à des jeunes en difficultés. Et j’avoue que j’adore ça! »
« Ici à carry je n’ai qu’un contrat à temps partiel, je gagne moins de 1000€ par moi, cependant grace à cet emploi à Corbière je gagne un peu plus de 16€ de l’heure. Mais il ne faut pas se tromper c’est une opportunité que pas grand monde a la chance d’avoir. A Carry le Rouet mon salaire horaire et le même que celui d’un simple Brevet d’Etat 1er degré ».
« Ce métier me permet de garder un pied sur l’eau et un autre à terre. Je vie au bord de l’eau et j’enseigne. C’est trés important pour moi. Quand tu fais une séance de voile et que les enfants des quartiers difficiles repartent contents, tu as une émotion indescriptible ».
« Travailler au contact des gens est important pour moi, cependant je dois avouer que j’espere ne pas faire cela toute ma vie. J’aimerais travailler dans les bureaux de la ligue ou de la fédération française de voile afin de toujours avoir une attache à la voile ».
5. Jacky CERDAN
« Ma passion c’est la moto, mais j’ai toujours vécu à Sausset les Pins (13). Depuis mon enfance on est un groupe d’amis à ne jamais se quitter. Deux d’entre nous faisaient de la voile, et m’y ont fait prendre goût. J’ai fait une carrière en tant que cascadeur moto, mais aprés une très lourde chute j’ai du arréter. Mes amis m’ont refait faire de la voile dès que cétait possible, et c’est là que je me suis dit que je devrais insister. J’étais relativement doué, je me suis donc professionnalisé en passant le monitorat fédéral puis le Brevet d’Etat 1 degré. J’ai enseigné quelques années, puis un jour un homme d’une soixantaine d’années m’a demandé si je ne pouvais pas lui convoyer son 35 pieds de Marseille jusqu’en Sardaigne. Je lui ai répondu que je n’étais pas qualifié pour cela mais pourquoi pas. J’ai donc pris tous les renseignements nécessaires pour ne pas faire de grosse bourdes une fois sur l’eau. J’ai adoré cette espérience et j’ai donc passé mon capitain 200 pour faire du convoyage ma nouvelle profession ».
« Et bien pour être franc je n’est pas de salaire fixe. Mais si je fais beaucoup de convoyage je peu facilement monter à 2000 € par mois ».
« Le plaisir de s’évader en permanence. Pour moi c’est comme si je prenais ma moto et que je partais en vadrouille pour plusieurs jours ».
« Je pense que l’âge ou un problème physique pourrait me bloquer à terre, il y a également le fait que s’il n’y a plus de bateaux à convoyer, je ne pourrais plus gagner d’argent et je devrais donc me reconvertir ou reprendre ma fonction de moniteur de voile ».